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La viticulture Paris Montmartre perpétue une tradition viticole urbaine unique

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La viticulture Paris Montmartre constitue un témoignage vivant de l’histoire viticole de la capitale française. Le Clos Montmartre, situé rue des Saules dans le 18ᵉ arrondissement, couvre 1 556 mètres carrés plantés de 27 cépages différents. Ce vignoble unique produit annuellement environ 800 bouteilles commercialisées au profit d’œuvres sociales du quartier. Bien que la qualité gustative reste secondaire face à la valeur symbolique, cette parcelle maintient la mémoire d’un temps où Paris comptait plus de 42 000 hectares de vignes.

Cette survivance urbaine remonte à 1933 quand la Ville de Paris planta ces vignes pour empêcher la construction immobilière sur ce terrain pentu. Le choix délibéré de la diversité variétale visait davantage la conservation du patrimoine ampélographique que la recherche de qualité œnologique. Gamay, pinot noir, chardonnay côtoient des cépages rares comme l’arbane ou le petit meslier, créant un conservatoire vivant au cœur de la capitale.

Histoire viticole de la région parisienne

Au Moyen Âge, le bassin parisien constituait l’un des principaux vignobles français avec des productions réputées à Argenteuil, Suresnes ou Montmartre. Les pentes orientées au sud de la butte Montmartre offraient des conditions favorables à la culture de la vigne, tandis que la proximité du marché parisien garantissait des débouchés commerciaux avantageux. Les ordres religieux possédaient l’essentiel du vignoble, produisant des vins blancs légers destinés à la consommation rapide.

Chez les historiens du vin, le déclin viticole francilien s’explique par plusieurs facteurs convergents. Le phylloxéra détruisit massivement les vignes à la fin du XIXᵉ siècle. L’urbanisation croissante rendit les terrains plus rentables en construction qu’en agriculture. L’arrivée du chemin de fer permit l’acheminement économique des vins méridionaux de meilleure qualité. Ces transformations condamnèrent progressivement une viticulture urbaine devenue obsolète économiquement.

Cette évolution s’accompagna de la disparition quasi totale du vignoble parisien en l’espace de cinquante ans. Seul le Clos Montmartre survécut grâce à sa fonction patrimoniale et touristique plutôt que productive. Les communes limitrophes d’Argenteuil et Suresnes tentèrent également de replanter quelques parcelles symboliques au XXIᵉ siècle, perpétuant la mémoire viticole sans prétention qualitative sérieuse.

Organisation des vendanges montmartroises

Un autre levier réside dans la Fête des Vendanges de Montmartre organisée chaque octobre depuis 1934. Cet événement attire plusieurs centaines de milliers de visiteurs sur quatre jours, transformant le quartier en lieu de célébration populaire. Les récoltes s’effectuent en costumes d’époque avec défilés, fanfares et animations folkloriques qui recréent l’atmosphère festive des vendanges traditionnelles. Cette manifestation génère d’importantes retombées économiques pour les commerçants locaux.

La vinification des raisins récoltés s’effectue dans les caves de la Mairie du 18ᵉ arrondissement. Les œnologues consultants appliquent des méthodes classiques malgré l’hétérogénéité des cépages et la qualité variable des fruits. Le résultat, un vin d’assemblage rouge et blanc, sert davantage de support symbolique que de produit gastronomique. Les bouteilles numérotées se vendent aux enchères, les fonds collectés finançant des actions sociales montmartroises.

Paradoxalement, cette production confidentielle bénéficie d’une médiatisation internationale disproportionnée par rapport aux volumes. Les touristes étrangers découvrent avec surprise l’existence d’un vignoble parisien, cette curiosité urbaine contrastant avec les vastes domaines bordelais ou bourguignons. Cette attention médiatique valorise l’image de Montmartre comme village préservé au cœur de la métropole, renforçant son attractivité touristique.

Autres vignobles urbains français

Le phénomène de renaissance viticole urbaine dépasse le seul cas montmartrois. Le parc de Bercy dans le 12ᵉ arrondissement parisien accueille également quelques rangs de vignes plantés en 1996. Cette parcelle pédagogique ne produit pas de vin commercialisé mais sensibilise les visiteurs à la viticulture. Les écoles parisiennes organisent régulièrement des visites pour expliquer le cycle végétatif de la vigne aux élèves urbains déconnectés des réalités agricoles.

Ce travail s’appuie aussi sur des initiatives similaires dans d’autres métropoles françaises. Lyon cultive des vignes sur les pentes de la Croix-Rousse, Marseille replante le vignoble historique des Goudes, Toulouse expérimente des parcelles en agriculture urbaine. Ces projets associent dimension patrimoniale, pédagogique et parfois productive à petite échelle. Ils répondent à une demande croissante de reconnexion avec les cycles naturels et l’histoire locale.

Concrètement, ces vignobles urbains ne prétendent pas rivaliser qualitativement avec les appellations reconnues. Leur fonction première reste symbolique, patrimoniale et éducative. Ils maintiennent une mémoire collective et créent du lien social à travers les événements organisés autour des vendanges. Cette approche culturelle de la viticulture complète utilement la dimension exclusivement commerciale dominante dans les régions viticoles traditionnelles.

Impact touristique et économique

Le Clos Montmartre figure dans tous les guides touristiques internationaux consacrés à Paris. Les visiteurs photographient les rangs de vignes encadrés par les maisons du vieux Montmartre, créant des images pittoresques largement diffusées sur les réseaux sociaux. Cette visibilité gratuite profite à l’ensemble du quartier qui capitalise sur son image de village authentique préservé des transformations urbaines.

Enfin, les commerces montmartrois déclinent la thématique viticole en proposant produits dérivés, cartes postales et souvenirs estampillés Clos Montmartre. Les restaurants affichent des menus spéciaux durant la Fête des Vendanges, associant cuisine française et références bachiques. Cette exploitation commerciale, parfois critiquée pour son côté artificiel, génère néanmoins des revenus significatifs qui contribuent au dynamisme économique d’un quartier historique confronté aux défis de la gentrification.

Les retombées indirectes incluent la valorisation immobilière des biens situés à proximité du vignoble. L’adresse rue des Saules bénéficie d’une cote supérieure liée au charme patrimonial et à la rareté des espaces verts dans ce secteur dense. Cette plus-value foncière démontre que la viticulture urbaine, même non productive économiquement, crée des externalités positives mesurables au-delà de la simple production de vin.

Questions fréquentes

Peut-on visiter le Clos Montmartre toute l’année ?

Le vignoble est visible depuis la rue des Saules mais n’est généralement pas accessible au public. Des visites guidées organisées par l’office de tourisme permettent exceptionnellement d’entrer dans la parcelle. La Fête des Vendanges en octobre offre la meilleure occasion de découvrir le site dans une ambiance festive avec animations culturelles.

Le vin du Clos Montmartre est-il commercialisé ?

Les 800 bouteilles produites annuellement sont vendues aux enchères au profit d’œuvres sociales locales. Elles ne sont pas disponibles dans le commerce traditionnel. Les prix atteints dépassent largement la valeur gustative du produit, les acheteurs payant surtout la rareté et la dimension symbolique de ce vin parisien unique.

Pourquoi maintenir un vignoble non rentable à Paris ?

La fonction patrimoniale et pédagogique prime sur la rentabilité économique directe. Le Clos Montmartre témoigne de l’histoire viticole francilienne et crée du lien social à travers la Fête des Vendanges. Les retombées touristiques indirectes et la valorisation de l’image du quartier justifient le maintien de cette curiosité urbaine coûteuse en entretien.

Quelle qualité gustative présente le vin de Montmartre ?

La qualité reste modeste en raison de la diversité excessive des cépages plantés, du terroir urbain peu adapté et des volumes insuffisants pour optimiser la vinification. Le vin se consomme davantage pour sa valeur symbolique que pour ses qualités organoleptiques. Les dégustateurs professionnels le décrivent généralement comme un vin simple, léger et sans défaut majeur.

Existe-t-il d’autres vignobles en Île-de-France ?

Quelques parcelles symboliques subsistent ou ont été replantées à Suresnes, Argenteuil et dans le parc de Bercy. Le vignoble de Thomery en Seine-et-Marne produit également quelques bouteilles. Ces initiatives restent confidentielles et relèvent davantage de la conservation patrimoniale que de la production viticole commerciale. L’Île-de-France ne compte aucune appellation d’origine contrôlée viticole.

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